Anthologies


The Chronological Duke Ellington (Classics)

Si vous ne désirez pas posséder tout Ellington avec les différentes prises en studio d'un même morceau pour une même séance, cette série est la Bible ! Des origines à 1953 voici le panorama complet de tous les morceaux studio du Duke sortis en disques. Indispensable avant d'aborder la grande période des Lps qui pointe son nez à l'aube des années cinquante. 44 volumes ! Si vous désirez avoir la totale, complétez cette série avec "Alternative takes in chronological order" (Neatwork) qui propose 10 volumes.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1924 - 1927
(CD CLASSICS / 539) France

novembre 1924 au 30 avril 1927


Choo choo (Gotta hurry home) / Rainy nights / I'm gonna hang around my sugar / Trombone blues / Georgia grind / Parlor social stomp / (You've got those) Wanna-go-back-again blues / If you can't hold the man you love / Animal crackers / Lil' Farina / East St. Louis toodle-Oo / Birmingham breakdown / Immigration blues / The creeper / New Orleans low-down / Song of the cotton field / Birmingham breakdown / East St. Louis toodle-Oo (2 versions) / Hop head / Down in our alley blues / Black and tan fantasy / Soliloquy.

Balbutiements d'une musique tout droit sortie d'un songe. Ces échos semblent être la bande son d'un dessin animé un peu fou. Avec East St. Louis toodle-Oo (le chef-d'œuvre du disque) le style "jungle" prend forme, les arrangements se mettent en place. La trompette de Bubber Miley et le trombone de Tricky Sam Nanton grognent pour notre plus grand plaisir. Dans Black and tan fantasy le maître de la coloration musicale pose ses premières touches.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1927 - 1928
(CD CLASSICS / 542) France

6 octobre 1927 au 21 mars 1928


Washington wooble / Creole love call / The blues I love to sing / Black and tan fantasy / Washington wooble / What can a poor fellow do ? / Black and tan fantasy / Chicago stomp down / Harlem river quiver / East St. Louis todle-Oo / Blue bubbles / Red hot band / Doin' the frog / Sweet mama (Papa's gettin' mad) / Stack O'Lee blues / Bugle call rag / Take it easy / Jubilee stomp / Harlem twist / East St. Louis todle-Oo / Jubilee stomp / Take it easy (2 versions) / Jubilee stomp.

Washington wobble, c'est le remède miracle contre la morosité. Il faut avoir entendu une fois dans sa vie Adelaïde Hall fredonner de sa voix rauque Creole love call pour ne pas mourir idiot. Signalons encore le pétillant Jubilee stomp et le distingué Take it easy, tous deux de la plume d'Ellington. .

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1928
(CD CLASSICS / 550) France

21 mars au 30 octobre 1928


Black beauty (2 versions) / Jubilee stomp / Got everything but you / Yellow dog blues / Tishomingo blues / Diga diga doo / Doin' the new low-down / Black beauty / Swampy river / The mooche / Move over / Hot and bothered / The mooche / Hot and bothered / Move over / The mooche / Louisiana / Awful sad / The mooche / Santa Claus bring my man back / I done caught you blues / I can't give you anything but love / No, Papa, no.

Ici le sublime est atteint avec la 1ère version de Black beauty, morceau à emporter sur une île déserte. Sur l'ensemble du CD les sonorités sont moites, les orchestrations collent à la peau. Les interventions de clarinette, trompette, trombone, saxophone surgissent de partout. Il est difficile de citer certains morceaux, tous sont jubilatoires. Qui pourrait résister au solo de trompette de Diga diga doo ? Le Duke nous glorifie de deux morceaux en piano solo (Black beauty et Swampy river). Curiosités : les interventions vocales de Baby Cox dans The mooche et I can't give you anything but love, ainsi que la participation de Lonnie Johnson dans certains morceaux (les interventions de guitare seront pratiquement inexistantes par la suite chez Duke).

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1928 - 1929
(CD CLASSICS / 559) France

30 octobre 1928 au 1 mars 1929


No, Papa, no / Bandanna babies / Diga diga doo / I must have that man / The blues with a feelin' / Goin' to town / Misty mornin' / Hit me in the nose blues / It's all comin' home to you / St. Louis blues / Hottentot / Misty mornin' / Doin' the voom voom / Tiger rag (parts 1 & 2) / Flaming youth / Saturday night function / High life / Doin' the voom voom / Japanese dream / Harlemania / Rent party blues.

Nous pouvons apprécier dans ce volume la chanteuse Ozzie Ware, dans la tradition des chanteuses de blues de l'époque, qui est d'ailleurs accompagnée par Duke seul dans It's all comin' to you. Saint Louis blues débute de façon curieuse avec un orchestre blanc et des chœurs dans l'esprit d'une chorale, quand soudain après quelques notes de piano, l'orchestre d'Ellington prend le relais ; plus un document amusant qu'une pièce indispensable. Un Tiger rag de plus de 5 mn (les 2 faces du 78 tours) permet à la plupart des solistes de s'exprimer en solo. Citons encore Misty mornin' bien dans l'esprit du style Ellington naissant.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1929
(CD CLASSICS / 569) France

1er mars au 29 juillet 1929


Paducah / Harlem flat blues / The dicty glide / Hot feet / Sloppy Joe / Stevedore stomp / Saragota swing / Who said ''it's tight like that'' ? / He just don't appeal to me / I must have that man / Freeze and melt / Mississippi moan / A nite at the Cotton Club (parts 1 & 2) / Cotton club stomp / Misty mornin' / Arabian lover / Saragota swing / That rhythm man / Beggars blues / Saturday night function / Black and blue / Jungle jamboree.

Nous sommes en pleine période Cotton Club, avec ici un enregistrement en direct de ce lieu, longue suite de morceaux présentés par Irving Mills dans la chaleur du club. Sur ce CD la curiosité ne vient pas d'une composition d'Ellington : Arabian lover se distingue du reste par son atmosphère, au parfum étrange et exotique.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1929 - 1930
(CD CLASSICS / 577) France

2 août 1929 au 29 janvier 1930


Jungle jamboree / Snake hip dance / Doin' the voom voom / Flaming youth / Saturday night function / Jolly wog / Jazz convulsions / Mississippi / The Duke steps out / Haunted nights / Swanee shuffles / Six or seven times / Goin' nuts / Oklahoma stomp / Breakfast dance / Jazz lips / March of the hoodlums / Lazy Duke / Blues of the vagabond / Syncopated shuffle / Sweet mama / Wall Street wail / Cincinnati daddy / St. James Infirmary.

L'écriture prolifique d'Ellington nous vaut encore son lot de perles : Doin' the voom voom, Syncopated shuffle, Sweet mama pour n'en citer que quelques unes. Cootie Williams et Barney Bigard tiennent le haut du pavé dans cette série. Les Whashboard Serenaders se joignent à l'orchestre à coup de kazoo et de washboard dans Goin' nuts. Teddy Bunn nous gratifie de quelques chorus de guitare. Même Irving Mills s'en sort honnêtement dans son interprétation de Saint-James Infirmary.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1930
(CD CLASSICS / 586) France

29 janvier au 2 juin 1930


When you're smiling (The whole world smiles with you) / Rent party blues / Jungle blues / Sing, you sinners / St. James Infirmary / When you're smiling / Maori (A samoan dance) / Admiration / The mooche / Ragamuffin Roméo / East St. Louis toodle-Oo / Double check stomp / My gal is good for nothing but love / I was made to love you / Double check stomp / Accordion Joe / Cotton Club stomp / Sweet dreams of love / Jungle nights in Harlem / Sweet jazz o'mine / Shout 'em, Aunt Tillie / Sweet mama / Hot and bothered.

Disque partagé entre les succès du moment (souvent chantés par Irving Mills) et un nouveau lot de compositions pur jus Ellington. Chaque plage comprend son lot d'improvisations (Bigard, Hodges, Nanton, Whetsol, Williams...). Il faut retenir en particulier Jungle blues, Double check stomp (superbe composition de Bigard, Braud et Hodges), Jungle nights in Harlem (qui donne envie de grimper au plafond et de sauter partout) et les deux irrésistibles plages en compagnie de l'accordéoniste Joe Smelser : Accordeon Joe et de nouveau Double check stomp. Sweet jazz o'mine sort du lot par sa modernité due à un swing souple et une orchestration veloutée.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1930 volume 2
(CD CLASSICS / 596) France

2 juin au 8 novembre 1930


Double check stomp / Black and tan fantasy / Ring dem bells / Old man blues / Ring dem bells / Old man blues / Three little words / Hittin' the bottle / That lindy hop / You're lucky to me / Memories of you / Big house blues / Rocky mountain blues / Running' wild / Dreamy blues / Home again blues / Wang-wang blues / Ring dem bells / Three little words / Old man blues / Sweet chariot / Mood indigo / I can't realise you love me.

Dans ce volume beaucoup de plages commerciales avec des vocaux qui laissent à désirer (Dick Robertson). Un chef-d'œuvre d'Ellington fait son apparition sous le nom de Dreamy blues (renommé par la suite Mood indigo). Cette première version justifie à elle seule l'acquisition du disque. Three little words est amusant avec son trio vocal (dans lequel se trouve un admirateur de Duke : Bing Crosby). Se démarquent encore Ring dem bells (avec Cootie Williams en chant scat), Old man blues et Wang-wang blues.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1930 - 1931
(CD CLASSICS / 605) France

novembre 1930 au 20 janvier 1931


I'm so in love with you / Rockin' in rhythm / Nine little miles fron Ten-Ten-Tennessee / I'm so in love with you / What good am I without you ? / Blue again / When a black man's blue / What good am I without you ? / When a black man's blue / Mood indigo / Them there eyes / Rockin' chair / I'm so in love with you / Rockin' chair / Rockin' in rhythm / Twelfth street rag / Rockin' in rhythm / The river and me / Keep a song in your soul / Sam and Delilah / The peanut vendor / Creole rhapsody (parts 1 & 2).

Deux perles à retenir de ce nouvel épisode : Rockin' in rhythm et Creole rhapsody. Il est amusant de constater comme un morceau évolue rapidement : les 2ème et 3ème versions de Rockin' in rhythm sont beaucoup plus modernes que la première ( à 2 mois d'intervalle). Creole rhapsody est la première tentative d'une œuvre ambitieuse. Après un prélude orchestral bref, le morceau est composé de 2 parties introduites par le piano, les chorus sont brefs et le travail est davantage dirigé sur la masse orchestrale. Mood indigo continue son évolution avec ses climats envoûtants. Benny Payne et Frank Marvin mettent un peu de couleur et de swing parmi les nombreux vocaux anodins. Them there eyes nous offre l'unique contre-chant de guitare (note à note) de Freddy Guy dans tout son parcours ellingtonien. Magnifique solo de Nanton au trombone wha-wha sur Rockin' chair. Benny Paine rejoint le Duke au piano sur Twelfth street rag et Peanut vendor est la curiosité exotique de l'album.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1931 - 1932
(CD CLASSICS / 616) France

20 janvier 1931 au 11 février 1932


Is that religion ? / Creole rhapsody (parts 1 & 2) / Limehouse blues / Echoes of the jungle / It's glory / The mystery song / Moon over Dixie / It don't mean a thing (If it ain't got that swing) / Lazy rhapsody / Mood indigo - Hot and bothered - Creole love call / Blue tune / East St. Louis toodle-Oo - Lot's o'fingers - Black and tan fantasy / Dinah / Bugle call rag / St. Louis blues / Creole love call / Rose room.

Pièce incontournable du Cd : Ellington développe encore plus ici Creole rhapsody, sa première grande oeuvre enregistrée l'année précédente. Cootie Williams brille de mille feux, comme compositeur et interprète, avec Echoes of the jungle. Apparition du hit immortel It don't mean a thing. Nous pouvons encore retenir It's glory de la plume d'Ellington, un Saint-Louis blues fort sympathique interprété par Bing Crosby et une nouvelle interprétation de Creole love call qui est un parfait exemple pour analyser les combinaisons sonores ellingtoniennes.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1932 - 1933
(CD CLASSICS / 626) France

16 mai 1932 au 7 janvier 1933


Blue harlem / The sheik of Araby / Swampy river / Fast and furious / Best wishes / Slippery horn / Blue ramble / Clouds in my heart / Blue mood / Ducky wucky / Jazz cocktail / Lightnin' / Maori / Stars / Swing low / Baby ! / Any time, any day, anywhere / Delta bound / Diga diga doo / I can't give you anything but love / Porgy / I must have that man / Baby !

Ce nouvel épisode commence fort avec une intervention musclée de Wellman Braud dans Blue Harlem. Swampy river et Fast and furious sont interprétées en piano solo avec de brèves incursions de l'orchestre en fin des morceaux. Dans l'ensemble les arrangements se sont assagis et sont devenus plus banals. Retenons quand même Lightnin' et Diga diga do, ce dernier en compagnie des Mills Brothers. Le disque se termine sur des prestations de chanteuses : Ethel Waters avec I can't give you... et Porgy, l'orchestre se limitant à un accompagnement simple. Puis, retour d'Adelaïde Hall pour les deux dernières plages, mais celles-ci n'ont pas le charme des premières apparitions de la chanteuse dans l'orchestre en 1927.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1933
(CD CLASSICS / 637) France

7 janvier au 15 août 1933


Eerie moan / Merry-go-round / Sophisticated lady / I've got the world on a string / Down a Carolina lane / Slippery horn / Blackbird medley part. 1 : Intro - I can't give you anything but love - Doin' the new low-down - I must have that man - Baby ! / Blackbird medley part. 2 : Intro - Dixie - Diga diga doo - Porgy - I can't give you anything but love / Drop me off at Harlem / Happy as the day is long / Raisin'the rent / Get yourself a new broom (And sweep the blues away) / Bundle of blues / Sophisticated lady / Stormy weather (Keeps rainin' all the time) / Hyde park / Harlem speak / Ain't misbehavin' / Chicago / A souvenir of Duke Ellington / I'm satisfied / Jive stomp.

Apparition de Sophisticated lady avec sa géniale descente chromatique, morceau empreint d'une grande classe auquel se frotteront toutes les chanteuses qui aborderont le répertoire d'Ellington. L'autre chef-d'oeuvre est la version de Stormy weather entre ambiance nostalgique et climat "jungle". Blackbird medley est un long pot pourri des succès de "Fields & McHugh" qui s'enchainent dans une atmosphère joyeuse. Puis viennent diverses pièces enregistrées en Angleterre, dont Hyde Park et Harlem speaks qui réveilleraient un mort. A souvenir of Duke Ellington est un court interview effectué à Londres qui fut gravé à l'époque sur un disque à face unique, et offert à tout acheteur de six disques de Duke.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1933 - 1935
(CD CLASSICS / 646) France

15 août 1933 au 9 janvier 1935


Harlem speaks / In the shade of the old apple tree / Rude interlude / Dallas doings / Dear old Southland / Daybreak express / Delta serenade / Stompy Jones / Solitude / Blue feeling / Ebony rhapsody / Cocktails for two / Live and love tonight / I met my Waterloo / My old flame / Troubled waters / My old flame / Solitude / Saddest tale / Moon glow / Sump'n' 'bout rhythm / Admiration / Farewell blues.

Daybreak express est la plus extraordinaire imitation musicale que l'on puisse trouver d'un express qui se met en marche, se lance à grande vitesse et finit sa course lorsque le morceau s'achève. Stompy Jones démarre une carrière qui durera jusqu'en 1967. Que dire de Solitude ? Pièce incontournable, alchimie ellingtonienne ! Mae West interprète My old flame dans l'esprit des chanteuses réalistes françaises (Damia), version qu'il est intéressant de comparer avec celle due à la voix troublante d'Irvie Anderson, sur ce même disque. Et toujours une petite pilule anti-cafard : ici Dallas doings.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1935 - 1936
(CD CLASSICS / 659) France

9 janvier 1935 au 27 février 1936


Let's have a jubilee / Porto rican chaos / Margie / Moonlight fiesta (Porto rican chaos) / Tough truckin' / Indigo echoes / In a sentimental mood / Showboat shuffle / Merry-go-round / Admiration / Cotton / Truckin' / Accent on youth / Reminiscing in tempo (parts 1 à 4) / I don't know why I love you so / Dinah Lou / Isn't love the strangest thing / (There is) No greater love / Clarinet lament (Barney's concerto) / Echoes of Harlem (Cootie's concerto).

Naissance d'une des plus belles mélodies dues à la plume d'Ellington, In a sentimental mood, qui fera le bonheur de nombre d'interprètes. Oeuvre ambitieuse aux harmonies étranges, Reminiscing in tempo marque le retour du compositeur hors du commun, qui peut n'être comparé à personne de cette époque. Cette pièce de plus de 12 minutes marque d'une nouvelle pierre l'édifice du maître ; le futur créateur de Black, Brown and Beige sort de son cocon. Duke invente également le concerto "façon Ellington", tout d'abord pour clarinette avec Clarinet lament dédié à Barney Bigard, puis pour trompette avec Echoes of Harlem dédié à Cootie Williams.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1936 - 1937
(CD CLASSICS / 666) France

28 février 1936 au 5 mars 1937


Love is like a cigarette / Kissin' my baby good-night / Oh babe ! maybe someday / Shoe shine boy / It was a sad night in Harlem / Trumpet in spades (Rex's concerto) / Yearning for love (Lawrence's concerto) / In a jam / Exposition swing / Uptown downtown (Black out) / Rexatious / Lazy man's shuffle / Clouds in my heart / Frolic Sam / Caravan / Stompy Jones / Scattin' at the Cotton Club / Black butterfly / Mood indigo and Solitude / Sophisticated lady and In a sentimental mood / The new birmingham breakdown / Scatin' at the Kit Kat / I've got to be a rug cutter / The new East St. Louis toodle-Oo.

Ellington poursuit sa série de concertos avec Trumpet in spades pour Rex Stewart et Yearning for love pour Lawrence Brown. Certaines plages sont interprétées en petite formation : Rexatious et Lazy man's shuffle dirigées par Rex Stewart (Brick Fleagle à la guitare slide pour ce dernier morceau), de Clouds in my heart à Stompy Jones dirigées par Barney Bigard. C'est un plaisir de savourer le jeu de ce dernier, un des meilleurs clarinettistes de l'histoire du jazz, au jeu expressif et dense, empreint de ses racines new-orleans. Ellington interprète en solo Mood indigo and Solitude et Sophisticated lady and In a sentimental mood, véritables petits joyaux. Pour le reste nous retrouvons l'orchestre au complet. Caravan fait sa première apparition avec la petite formation de Barney Bigard.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1937
(CD CLASSICS / 675) France

8 mars au 20 mai 1937


I can't believe that you're in love with me / Downtown uproar / Digga digga doo / Blue reverie / Whispering tiger (Tiger rag) / My honey's lovin' arms / Did anyone home / Where are you ? / There's a lull in my life / It's swell of you / You can't run away from love tonight / Azure / The lady who couldn't be kissed / The old plantation / Solace (Lament for a lost love) / Four and one-half street / Demi-tasse (Each day) / Jazz a la carte / Caravan / Azure / Foolin' myself / A sailboat in the moonlight.

Période faste, pleine d'entrain, où divers membres enregistrent en formation réduite sous leur nom (Cootie Williams, Barney Bigard, Johnny Hodges). Mais le grand orchestre participe également à cet épisode et la chanteuse Ivie Anderson, présente dans un certain nombre de plages, est au mieux de sa forme. La curiosité vient de Alabamy home avec la présence du guitariste Bernard Addison.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1937 volume 2
(CD CLASSICS / 687) France

20 mai au 26 octobre 1937


You'll never go to heaven (If you break my heart) / Peckin' / All god's chillun got rhythm (2 versions) / Alabamy home / Get it southern style / Moonlight fiesta / Sponge cake and spanich / If you're ever in my arms again / The back room romp (A contrapuntal stomp) / Swing baby swing (Love in my heart) / Sugar hill shim sham / Tea and trumpets / Chatter-box / Jubilesta / Diminuendo in blue / Crescendo in blue / Harmony in Harlem / Dusk in the desert / Jubilesta / Watching / Pigeons and peppers / I can't give you anything but love.

Voici un nouveau lot de plages par des groupes dirigés par Johnny Hodges, Barney Bigard, Rex Stewart ou encore Cootie Williams, ainsi que d'autres avec l'orchestre au grand complet. Il faut avouer que ces petites formations sonnent comme un grand orchestre. Dans l'ensemble les arrangements sont soignés, les chorus inspirés et la musique joyeuse.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1938
(CD CLASSICS / 700) France

13 janvier au 4 avril 1938


Stepping into swing society / Prologue to black and tan fantasy / The new black and tan fantasy / Drummer's delight / If I though you cared / Have a heart (Lost in meditation) / My day / Silvery moon and golden sands / Echoes of Harlem / Riding a blue note / Lost in meditation / The gal from Joe's / If you were in my place (What would you do ?) / Scrounch / I let a song go out of my heart / Braggin' in brass / Carnival in Caroline / Jeeps blues / If you were in my place (What would you do ?) / I let a song go out of my heart / Rendez-vous with rhythm / A lesson in C / Swingtime in Honolulu.

Stepping into swing society préfigure la révolution à venir dans le répertoire ellingtonien (1940 : Ko-ko...). Duke ressuscite son passé avec Prologue... et The new... Black and Tan fantasy. Drummer's delight permet d'apprécier l'une des très rares interventions de Sonny Greer. Certaines plages sont dirigées par des membres de l'orchestre sous leur propre nom (Barney Bigard, Cootie Williams, Johnny Hodges). Et toujours ces ambiances spécifiques (Echoes of Harlem, The gal from Joe's) qui ne peuvent appartenir qu'à l'orchestre d'Ellington.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1938 volume 2
(CD CLASSICS / 717) France

4 avril au 2 août 1938


Carnival in Caroline / Ol' man river / Swingtime in Honolulu / I'm slappin' seventh avenue (With the sole of my shoe) / Dinah's in jam / You gave me the gate (And I'm swingin') / Rose of the rio Grande / Pyramid / When my sugar walks down the street (All the little birdies go tweet-tweet-tweet) / Watermelon man / A gypsy without a song / The stevedore's serenade / La de doody doo / You walked out of the picture / Pyramid / Empty ballroom blues / Lost in meditation / A blues serenade / Love in swingtime / Swingin' in the dell / Jitterbug's lullaby / Chasin' chippies / Blues is the evening.

Les notes s'évaporent d'un chaudron rempli de musique bouillonnante, pleine de malice. Les 2 premières plages, dues à "Cootie Williams and his Rug Cutter" vrombissent, grondent, mélange de style jungle et d'exotisme. Ivie Anderson est irrésistible dans son interprétation de Rose of the rio Grande, écoutez la également prononcer " Honolulu" ! Les huits plages (de You walked out of the picture à Jitterbug's lullaby) où Johnny Hodges est leader en formation plus réduite se calment un peu. Cootie Williams est de retour pour clore l'album, dans une ambiance plus feutrée à la trompette bouchée, avec Chasin' chippies et Blue is the evening.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1938 volume 3
(CD CLASSICS / 726) France

2 août au 19 décembre 1938


Sharpie / Swing pan alley / A blue serenade / Love in swingtime / Please forgive me / Lambeth walk / Prelude to a kiss / Hip chic / Buffet flat / Prelude to a kiss / There's something about an old love / the jeep is jumpin' / Krum elbow blues / Twits and twerps / Mighty like the blues / Jazz potpourri / T.T. on toast / Battle of swing / I'm in another world / Hodge podge / Dancing on the stars / Wanderlust.

Le CD commence par deux morceaux exécutés par Cootie Williams qui swingue de bonheur et growle de plaisir. Duke signe un de ses chefs-d'œuvre : Prelude to a kiss, pourvu de finesse et, aujourd'hui, d'un petit côté kitch. Il fait partie de ces morceaux saupoudrés par Ellington de sensualité et de grâce. Hip Chic et Jazz potpourri sont les témoins d'un orchestre plein de vitalité où des musiciens comme Cootie Williams et Rex Stewart mettent le feu aux poudres. Johnny Hodges est également à l'honneur avec des morceaux co-composés avec le Duke (The jeep is jumpin', Krum elbony blues) mais aussi avec diverses ballades (Prelude to a kiss, I'm in another world). D'ailleurs huit plages ont été enregistrées sous le nom de Johnny Hodges and his Orchestra.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1938 - 1939
(CD CLASSICS / 747) France

21 décembre 1938 au 20 mars 1939


Delta mood / The boys from Harlem / Mobile blues / Gal-avantin ' / Blue light (Transblucency) / Old King Dooji / Boys meets horn / Slap happy / Like a ship in the night / Mississippi dream boat / Swingin' on the campus / Dooji wooji / Beautiful romance / Boudoir Benny / Ain't the gravy good / She's gone / Just good fun / Informal blues / San Juan hill / I'll come back for more / ''Fat stuff'' serenade / Pussy willow / Subtle lament.

Voici une nouvelle livraison de pièces en formations légèrement réduites (mais pas uniquement) : Cootie Williams fait couiner sa trompette de bonheur, Johnny Hodges s’enroule dans ses inflexions blues et Rex Stewart nous réchauffe avec la sonorité de sa trompette. Mis à part le subtil et raffiné Blue light, les morceaux sont pour la plupart pleins d’entrain ou délicieusement bluesy. Just for fun et Informal blues sont deux exécutions en piano solo.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1939
(CD CLASSICS / 765) France

20 mars au 8 juin 1939


Lady in blue / Smorgasbord and schnapps / Savoy strut / Rent party blues / Dance of the goon / Good gal blues / Finesse (Night wind) / Portrait of the Lion / (I want) Something to live for / Solid old man / Kitchen mechanic's day / My heart jumped over the moon / You can count on me / Home town blues / Cotton club stomp / Doin' the voom voom / Way low / Serenade to Sweden / Utt-da-zay (The taylor song) / Chew chew chew (Chew your bubble gum) / Barney goin' easy / Just another dream.

Cet épisode n’est pas très innovant en matière de création mais présente un orchestre plaisant à écouter, qui swingue de plaisir. C’est une période transitoire entre l’époque jungle et la révolution qui va s’opérer chez Duke avec l’arrivée de Jimmy Blanton en fin d’année. La magnifique composition Something to live for due aux talents combinés d’Ellington et de Billy Strayhorn est à positionner au-dessus du reste. Les amateurs de saxophone alto, et en particulier de Johnny Hodges, se régaleront sur de nombreuses plages.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1939 volume 2
(CD CLASSICS / 780) France

12 juin au 14 octobre 1939


In a mizz / I'm checkin' out, goo'm bye / A lonely co-ed / You can count on me / Night song / Blues a-boppin' / Top and bottom / Black beauty / Bouncing buoyancy / The sergeant was shy / Grievin' / The rabbit's jump / Moon romance / Truly wonderful / Dream blues / Little Posey / I never felt this way before / Grievin' / Tootin' through the roof / Weely (A portrait of Billy Strayhorn) / Skunk hollow blues / I know what you do / Your love has faded / Tired socks.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1939 - 1940
(CD CLASSICS / 790) France

14 octobre 1939 au 15 février 1940


Blues / Early mornin' / Killin' myself / Your love has faded / Country gal / Minuet in blues / Lost in two flats / Honey hush / Blues / Plucked again / Solitude / Stormy weather / Mood indigo / Sophisticated lady / Pelican drag / Tapioca / Mardi gras madness / Watch the birdie / Black butterfly / Dry long so / Toasted pickle / Give it up.

Ce volume commence par un blues en piano solo et offre de nombreuses plages en petite formation sous le nom de Barney Bigard, dont une bonne proportion avec Billy Strayhorn au piano. Il est amusant d'entendre celui-ci donner la réplique, vocalement, à Ivie Anderson dans Killin' myself. Nous pouvons nous délecter du jeu expressif et bouillonnant de Barney Bigard, dans Early mornin' et Pelican drag entre autres. Les deux duos Duke Ellington-Jimmy Blanton (Blues, Plucked again) émancipent pour la première fois la contrebasse dans l'histoire du jazz. Les quatre dernières plages sont également en formation réduite sous le nom de Cootie Williams.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1940
(CD CLASSICS / 805) France

6 mars au 24 juillet 1940


You, you darlin' / Jack the bear / Ko-ko / Morning glory / Do far, so good / Congo brava / Concerto for Cootie / Me and you / Bojangles / Cotton tail / Never no lament / Blue goose / Dusk / Bojangles / A portrait of Bert Williams / Blue goose / Harlem air-shaft / At a dixie roadside diner / All to soon / Rumpus in Richmond / My greatest mistake / Sepia panorama.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1940 volume 2
(CD CLASSICS / 820) France

5 septembre au 2 novembre 1940


There shall be no night / In a mellotone / Five o'clock whistle / Warm valley / Pitter panther patter / Body and soul / Sophisticated lady / Mr. J. B. blues / The flaming sword / Warm valley / Across the tracks blues / Chloe (Song of the swamp) / I never felt this way before / Day dream / Good queen Bess / That's the blues, old man / Junior hop / Without a song / My sunday gal / Mobile bay / Linger awhile.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1940 - 1941
(CD CLASSICS / 837) France

11 novembre 1940 à 2 juillet 1941


Charlie the chulo / Lament for javanette / A lull at dawn / Ready Eddy / Sidewalks of New York / Flamingo / The girl in my dreams tries to look like you / Take the A train / Jumpin' punkins / John Hardy's wife / Blue Serge / After all / Dear old Southland / Solitude / Bakiff / Are you sticking ? / Just a-settin' and a-rockin' / The giddybug gallop / Chocolate shake / I got it bad and that ain't good / Clementine / The brown skin gal (In the caligo gown) / Jump for joy.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1941
(CD CLASSICS / 851) France

2 juillet au 2 décembre 1941


Jump for joy / Moon over Cuba / Some saturday / Subtle slough / Menelik - the lion of Judah / Poor Bubber / Squaty roo / Passion flower / Thing's ain't what they used to be / Goin ' out the back way / Five o'clock drag / Rocks in my bed / Bli-blip / Chelsea bridge / Brown Suede / Noir bleu / "C" blues / June / Raincheck / What good would it do ? / I don't know what kind of blues I got / Chelsea bridge.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1942 - 1944
(CD CLASSICS / 867) France

21 janvier 1942 au 26 mai 1944 - 2 derniers titres : 24 novembre 1939


Perdido / The C jam blues / Moon list / What am I here for ? / I don't mind / Someone / My little brown book / Main stem / Johnny come lately / Hayfoot, strawfoot / Sentimental lady / A slip of the lip (Can sink a ship) / Sherman shuffle / Boy meets horn / Hop skip jump / Things ain't what they used to be / Main stem / Creole love call / The mood to bo wooed / My little brown book / I'm checkin' out goom-bye / Tootin' through the roof.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1944 - 1945
(CD CLASSICS / 881) France

1er décembre 1944 au 7 avril 1945


I ain't got nothin' but the blues / I'm beginning to see the light / Don't you know I care / I didn't know about you / Black, Brown and Beige : Work song - Come sunday - The blues - Three dances / Carnegie blues / Blue cellophane / Mood to be wooed / My heart sings / Mood indigo / Bug in a rug / The mooche / Kandylamb / Perfume suite part. 1 : Under tha balcony - Strange feeling / Perfume suite part. 2 : Dancers in love / Coloratura.

Voici la première mouture studio d'une oeuvre capitale du Duke : Black, Brown and Beige, présentée ici en quatre parties (Work song, Come Sunday, The blues, Three dances). 18 minutes de bonheur et d'une écriture originale qui tranche avec les formats des standards. Perfume suite est enregistrée "live" du "400 Restaurant" de New York au profis des V-discs (destinés aux forces armées). Duke illustre musicalement l'action des parfums sur le caractère des femmes. Ces deux suites rendent ce nouvel épisode indispensable. Pour le reste, citons Blue cellophane qui fait la part belle aux trombones, Mood to be wooed, co-écrit et mené par Johnny Hodges. Quatre plages sont exécutées par une petite formation intitulée "Sonny Greer and the Duke's men" de laquelle Ellington est absent (Duke Brooks est au piano). L'ambiance est plus à la "jam" avec des interventions superbes de Barney Bigard, Taft Jones et Otto Hardwick.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1945
(CD CLASSICS / 915) France

21 avril au 15 mai 1945



Frantic fantasy / It don't mean a thing / Black, Brown and Beige part. 1 : Blues / Black, Brown and Beige part. 2 : West indian dance - Emancipation celebration - Sugar hill penthouse / The kissing bug / Riff staccato / Prelude to a kiss / Caravan / Black and tan fantasy / Mood indigo / Harlem airshaft / The minor goes a muggin' / In a sentimental mood / It don't mean a thing / Sophisticated lady / Tonight I shall sleep / I let a song go out of my heart / Solitude.
Frantic Fantasy est une sorte de mini concerto pour Rex Stewart, qui co-signe le morceau. Black, Brown and Beige continue ses mutations (enregistrée ici pour les V-discs). Elle se trouve scindée en 2 parties The blues (chanté par Marie Ellington) et Three dances (décomposé en trois sous-parties). Joya Sherrill nous distille quelques savoureux vocaux. Duke se joint à l'orchestre de Tommy Dorsey (The minor goes a muggin', écrit et arrangé par Sy Oliver) et Tommy Dorsey à celui d'Ellington (les 3 dernières plages). Solitude est interprétée par un quatuor vocal (Joya Sherrill, Kay Davis, Marie Ellington et Al Hibbler).

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1945 volume 2
(CD CLASSICS / 951) France

16 mai au 24 juillet 1945


Frankie and Johnny / Jumpin' room only / Black beauty / Every hour on the hour / Hollywood hangover / Kissing bug / In the shade of the old apple tree / Frankie and Johnny (parts 1 & 2) / Sugar hill penthouse / Diminuo in blue - Crescendo in blue / New world a comin' (parts 1 & 2) / Ring dem bells / Perfume suite : Strange feeling - Coloratura - Balcony serenade.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1945 - 1946
(CD CLASSICS / 985) France

30 juillet 1945 au 10 juillet 1946


Perfume suite : Coloratura / Time's a-wastin' / Perfume suite : Dancers in love / Carnegie blues / Tell ya what I'm gonna do / Come to baby, do ! / I'm just a lucky so and so / Long, strong and consecutive / The wonder of you / Tonk / Drawing room blues / Esquire swank / C jam blues / Unbooted character / Rockabye river / Suddenly it jumped / Transblucency / Just squeeze me / A' gathering in a clearing / You don't love me no more / Pretty woman / Hey ! Baby.

Si les orchestrations de cette époque sont plus banales, cet opus a néanmoins de quoi titiller nos papilles. D’abord avec la sensibilité du chant de Joya Sherill qui est présente sur plusieurs plages, nous retrouvons la continuité de Perfume Suite (Coloratura et Dancers in love) dont la dernière partie est en duo avec Junior Raglin (basse). Ensuite avec les pièces Tonk et Drawing room blues qui sont à classer dans la catégorie duo avec des échanges vitaminés et joyeux pour la première, et tendre pour la seconde, entre Duke et Billy Strayhorn. Les orchestres d’Ellington et de Woody Herman fusionnent le temps de C jam blues pour un "V-disc". Et voici la perle des perles, un must dans la discographie d’Ellington : Transblucency. La voix soprano de Kay Davis est utilisée de manière unique, dans un esprit lyrique plutôt que jazz. Qu’elle chante seule, ou à l’unisson de la clarinette de Jimmy Hamilton, le frisson est garanti. INDISPENSABLE !

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1946
(CD CLASSICS / 1015) France

26 août au 23 novembre 1946


(Back home again in) Indiana / Blues is the light / Lover man / Just you, just me / Beale street blues / My honey's lovin' arms / Memphis blues / I don't stand a ghost of a chance with you / Saint-Louis blues / Samp fire / Royal garden blues / Esquire swank / Midriff / Diminuendo in blue / Magenta haze / The golden cress / Sultry sunset / Deep South suite : Magnolia's dripping with molasse (part. 1) - Hearsay (Orson Welles) (part. 2) - Nobody was lookin' (part. 3) - Happy go lucky local (part. 4).

Voici une très belle version de Lover man chantée par Marion Cox. Il faut également écouter attentivement l'introduction de Beale street blues qui est magnifique. Ce CD offre beaucoup de blues (Esquire swank avec Johnny Hodges) ainsi qu'une remarquable composition de Billy Strayhorn, pleine de dynamisme : Midriff. Le lyrisme est également au rendez-vous avec Johnny Hodges (Magenta Haze, Sultry sunset). The golden cress est une pièce composée à l'attention de Lawrence Brown et interprétée par celui-ci. The Golden cress, Sultry sunset et Deep South suite, publiés à l'origine sur "V-disc", sont extraits du concert du 23 novembre au Carnegie Hall. Deep South suite reste la pièce maîtresse de ce disque.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1946 - 1947
(CD CLASSICS / 1051) France

25 novembre 1946 au 1er septembre 1947


Sultry sunset / Happy-go-lucky local (part 2) / Blue skies (Trumpet no end) / Happy-go-lucky local (part 1) / Hiawatha (The beautiful indians) / Flippant flurry / Golden feather / Minnehaha (The beautiful indians) / Overture to a jam session (parts 1 & 2) / Jam-a-ditty / Tulip or turnip / It shouldn't happen to a dream / Sophisticated lady / On the sunny side of the street / I can't give you anything but love / It don't mean a thing / Hy'a sue / Lady of the lavender mist / Women (They'll get you) / Change my ways / It's Monday everyday / Golden cress / Put yourself in my place, baby.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1947
(CD CLASSICS / 1086) France

29 septembre au 14 novembre 1947


Put yourself in my place / Cowboy rhumba / The wildest gal in town / I feel and brook my heart / Antidisestablishmentarianismist / Don't be so mean to baby / It's mad, mad, mad ! / You gotta crawl before you walk / Change my ways / Kitty / Brown Penny / Change my ways / Boogie bop blues / Sultry serenade / Stomp, look and listen / Air conditioned jungle / Three cent stomp / Progressive gavotte / He makes me believe he's mine / Take love easy / I can't believe that you're in love with me / How high the moon / Singin' in the rain.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1947 - 1948
(CD CLASSICS / 1119) France

18 novembre 1947 au 13 novembre 1948


Do nothin' till you hear from me / Don't get around much anymore / Once upon a time / It's love I'm in / I could get a man / On a turquoise cloud / I like the sunrise (instrumental) / Liberian suite : I like the sunrise (vocal) - Dance n° 1 - Dance n° 2 - Dance n° 3 - Dance n° 4 - Dance n° 5 / A woman and a man / The clothed woman / New York City blues / Let's go blues / The tattooed bride (part 1 & 2).

Ce volume de la série CHRONOLOGICAL est indispensable pour au moins trois raisons :
1 ) On a turquoise cloud (composition de Lawrence Brown) est une perle dans la discographie d'Ellington, servie par la voix de Kay Davis qui est traitée comme un instrument, à l'égal de la clarinette qui lui fait écho.
2 ) Liberian suite fut commandé par le gouvernement du Libéria pour commémorer le centenaire de la proclamation de la République. Ici la musique dépasse les frontières du simple jazz pour nous plonger dans un univers ellingtonien qui préfigure les grandes suites à venir. Après l'introduction (I like the sunrise), cinq danses se succèdent comme cinq tableaux d'une exposition musicale : la danse n° 2 donne la vedette à Tyree Glenn au vibraphone, la danse n° 3 à Ray Nance au violon et la danse n° 4 à Elayne Jones aux timbales.
3 ) The tattooed bride a un double intérêt : d'une part nous découvrons l'œuvre avant son enregistrement officiel en studio en 1950, d'autre part les enregistrements d'Ellington en 1948 sont si rares (pas de séances studio) que cette prise captée au Carnegie Hall en novembre est une aubaine.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1949 - 1950
(CD CLASSICS / 1191) France

1er septembre 1949 au 21 septembre 1950


You of all people / Creole love call / The greatest there is / Snibor / The world is waiting fot the sunrise / Joog, joog / Good woman blues / On the sunny side of the street / B-sharp Boston / Hello little boy / The greatest there is / Perdido / Take the A train / Untitled blues / Oscalypso / Blues for Blanton / Mean ol' choo choo / Me and my wig / How blue can you get / Juke bop boogie / Set' em up / New piano roll blues / The man I love.

Ce disque recèle plein de merveilles : Kay Davis (chant soprano) dans une version très dépouillée de Creole love call, chant blues et be-bop avec Lu Elliott (The greatest there is), Al Hibbler nous prouve qu'il est bien meilleur chanteur de blues que de rengaines sentimentales (Good woman blues, dans un style proche de Jimmy Rushing), Billy Strayhorn est au célesta dans diverses pièces, l'orchestre flirte avec le be-bop. Mais le summum est atteint avec les pièces exécutées au violoncelle par Oscar Pettiford (de Perdido à Blues for Blanton). Billy Strayhorn remplace parfois le Duke au piano notamment dans The man I love où il accompagne la chanteuse Sara Ford. Les plages chantées par Chubby Kemp sont du rock'n'roll avant l'heure !

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1950
(CD CLASSICS / 1227) France

3 octobre au 18 décembre 1950


Cotton tail / C jam blues / Flamingo / Bang-up blues / Things ain't what they used to be / Make no mistake / Tonk / Johnny come lately / In a blue summer garden / Great times / Build that railroad / Love you madly / Great times / The tattooed bride / Mood indigo.

Les quatre première plages sont en compagnie du Billy Strayhorn Trio (Billy et Duke au piano plus un bassiste). Will Bill Davis et son orgue prennent le relais pour deux morceaux. Billy Strayhorn Trio intervient de nouveau pour quatre interprétations. Le reste de l'album est interprété par l'orchestre. Le grand intêret de ce disque réside dans les duos de piano entre Ellington et Strayhorn ainsi que dans les deux dernières plages de celui-ci, longues pièces de cristal au mille reflets (11 mn 38 et 15 mn 28) extraites de l'album "Masterpieces" (voir notes de ce disque). Signalons également la beauté du chant d'Yvonne Lanauze (Love you madly et Mood indigo).

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1950 - 1951
(CD CLASSICS / 1258) France

18 décembre 1950 au 24 mai 1951


Sophisticated lady / Solitude / Night walk / Moonlight fiesta / She / The happening / Fancy dance / The hawk talks / V.I.P.'s boogie / Jam with Sam / Monologue (Pretty and the wolf) / Swamp drum / Sultry serenade / Indian summer / Britt-and-butter blues / Ting-a-ling / The eighth veil / Brown Betty.

Suite et fin des séances de "Masterpieces" aves les versions longues de Sophisticated lady et Solitude. Nous retrouvons ensuite une formation réduite (les Coronets) menée par Billy Strayhorn où divers musiciens ont l'occasion de faire valoir leur talents de compositeur et/ou d'improvisateur : Cat Anderson avec Night walk (la trompette miaule de plaisir), Juan Tizol avec Moonlight fiesta et She (tous deux baignés de rythmes latins) et Paul Gonsalves avec The happening (2 minutes 46 de ténor tortueux et swinguant). Les pièces en grande formation sont pleines d'entrain. Le batteur, Louie Bellson, fait partie des nouveaux venus qui apportent un sang neuf à l'orchestre. Sa composition The hawk talks redynamise le groupe, V.I.P.'s boogie est un morceau qui allie swing et subtilité, Monologue est un petit bijou, dans l'esprit de Pierre et le loup (Prokofiev) où Ellington se fait narrateur pour nous compter l'histoire de Pretty and the wolf accompagné par la clarinette et de discrets riffs orchestraux.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1951
(CD CLASSICS / 1282) France

1er juin au 11 décembre 1951


Caravan / Alternate / Hoppin's John / Jumping with symphony sid / Deep purple / Please be kind / Smada / Rock-skippin' at the Blue Note / A ton paralell to Harlem (The Harlem suite) / Bensonality / Blues at sundown / Duet / Controversial suite : 1. Before the time - 2. Later / Azalea / Vagabonds / Something to live for.

Hoppin's John fleurte avec le bop, Jumping with symphony side offre un solo de piano anachronique (de Strayhorn ?), Deep night ose un trombone wha-wha à rendre jaloux Hendrix et sa pédale électronique, Please be kind est gentiment fleur bleue... mais surtout, cet épisode comporte une des oeuvres les plus importantes du répertoire ellingtonien (même si elle ne figure pas dans ma sélection "Duke en 10 albums") : HARLEM, pièce magistrale qui s'éleve au rang de celles d'un Gershwin ou d'un Stravinsky, chef-d'oeuvre de composition qui ne se décrit pas mais s'écoute. Controversial suite est également un grand moment. Cette suite qui narre la querelle futile entre les tenants du "traditionnel" et ceux du "jazz moderne" montre à quel point Ellington faisait fi des styles et des modes, et avec quel humour il pouvait illustrer un tel sujet. Qui sort gagnant ? Le compositeur ! Autre petite plage qui mérite l'attention : Duet dont certaines parties (avec la clarinette et la basse) frôlent la miniature classique. Billy Strayhorn tient le piano dans nombre de morceaux.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1952
(CD CLASSICS / 1320) France

25 mars au 1er juillet 1952


Skin deep / Sultry serenade / Sophisticated lady / Perdido / Caravan / Harlem suite / The hawk talks / Ellington medley / Jam with Sam / I love my lovin' lover / Come on home / Take the A train / The mooche.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1952 - 1953
(CD CLASSICS / 1350) France

1er juillet 1952 au 9 avril 1953


Perdido / Skin deep / Ballin' the blues / Body and soul / Primpin' for the prom / The vulture song / Follow me / Satin doll / Without a song / Cocktails for two / My old flame / I can't give you anything but love / Notthin', nothin', baby / Stormy weather / Stardust / Three little words / Orson / Boo-dah / Blossom / Ballin' the blues / Warm valley.

Le CD débute par deux morceaux de l'album ELLINGTON UPTOWN, la sublime version moderne de plus de 8 minutes de Perdido, et le non moins vivifiant Skin Deep, long solo de batterie de Louie Belson entrecoupé de parties orchestrales. Deux instants de bonheur chantés avec Jimmy Grimson qui se glisse dans la peau du blues-shooter dans Ballin' the blues et Betty Roché scattant à la Sarah Vaughan dans Body and soul. Avec l'année 1953 débutent les séances Capitol. Les orchestrations de My old flame et I can't give you anything but love se dégustent. Le reste est plus anodin, on pert un peu la patte Ellington dans Stormy Weather, Stardust et autres succès commerciaux. Billy Strayhorn fait une fois de plus la démonstration de ses talents de compositeur avec Boo-Dah et surtout le subtil Blossom.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1953
(CD CLASSICS / 1398) France

9 avril au 1er juillet 1953


Flamingo / Bluejean beguine / Liza / Who knows / Retrospection / B sharp blues / Passion flower / Dancers in love / Reflections in D / Melancholia / Prelude to a kiss / In a sentimental mood / Things ain't what they used to be / All too soon / Janet / Give me the right / Is it a sin ? / Don't touch me / Basin street blues / Big drag / Hear my plea / Don't ever say goodbye / What more can I say ?

Avec Flamingo toute la subtilité ellingtonienne est résumée dans le velouté des cuivres et les notes égrenées au clavier par le maître. Bluejean beguine est un tour de passe-passe qui oscille entre le ringard et le subtil où Johnny Hodges réussi à insérer un chorus bluesy au milieu d'un calypso acidulé. Le swing reprend ses droits avec Liza de Gershwin. Mais l'interêt de cet épisode réside dans les pièces en trio (de Who knows à Janet) dont certaines sont issues de l'album PIANO REFLECTIONS. J'ose dire que nombres d'entre elles annoncent le Monk à venir (celui de la période CBS). La longue et sympathique version de Basin street blues, à la Armstrong, est servie par un Ray Nance à la verve de show-man.

THE CHRONOLOGICAL DUKE ELLINGTON 1953 volume 2
(CD CLASSICS / 1432) France

3 au 28 décembre 1953


Kinda dukish / Montevido / December blue / I'm just a lucky so and so / It shouldn't happen to a dream / What more can I say ? / Rockin' in rhythm / Ultra de luxe / Flying home / Chile bowl / Blue moon / Oh well / Just a-sittin' and a-rockin' / Ultra de luxe / Flying home / What more can I say ? / Serious serenade / Just a-sittin' and a-rockin' / Honeysuckle rose / Night time / Stompin' at the Savoy.